J'ai passé pas mal d'années à suivre des voies ferrées à l'abandon, qui rouillent au milieu des herbes, dans des cantons dépeuplés. Aujourd'hui, ce sont souvent des voies qui ne mènent nulle part, mais qui brillent, dans la lumière de janvier, avec l'éclat de monnaies anciennes qu'un archéologue viendrait de sortir de terre... Gaston Roupnel, parlant des chemins de la campagne française, indiquait qu'ils constituaient la charpente du territoire. Quel mot doit-on employer pour les branches devenues mortes des réseaux ferrés du siècle passé ? Chaque fois que je retrouve une voie ancienne au fond d'une vallée, je me pose la question.


© Photo et texte : Alain Jean-André.                                   [précédente | liste | suivante]