Michel Nadal plasticien matiériste

Tentations numériques

Suivre le travail de Michel Nadal, c'est se demander comment un plasticien tellement lié au matériau, tellement terrestre, pour ne pas dire terre à terre a pu passer - sinon basculer - à l'image numérique. L'activité délaissée, liée à la matière - qui ressemblait par certains aspects à une ascèse -, doit-elle être vue comme une perte ou une conquête ? un rétrécissement ou une expérimentation avec d'autres moyens

Depuis quelques années, Michel Nadal subit une véritable fascination pour l'image. Comme de nombreux artistes contemporains, il a eu envie d'expérimenter l'outil numérique. Il l'a fait avec son bagage de plasticien qui maniait déjà les formes et les images. Quand il prend une photographie, il n'est pas question pour lui de fournir un document: l'image est revue, reprise sur ordinateur. Elle n'est pas un reflet, même si elle joue avec les reflets. Elle devient un objet plastique, même s'il est numérique.

Avec des découpes, des déformations, des superpositions, on sent se déployer une liberté peut-être plus grande que ne le permettait le travail avec des matériaux. Elle est peuplée de mythes personnels et de notre époque, elle suit le grand brassage d'images dans lequel nous sommes pris. Soyons clair : ces images ne sont ni des remises en cause ni des reprises ironiques. Michel Nadal développe un travail plus intimiste. Une certaine poésie, un humour, une fantaisie transparaissent dans la multiplication des autoportraits.

Alain Jean-André

Automne 2004.

Michel Nadal, Fabula

Michel Nadal, Marilyn

Michel Nadal, Vitrine