Connivences discrètes

Bruce Clarke, Edith Convert, Musée d'Art et d'Histoire, Château, 90000 Belfort (tél : 03 84 54 25 51), jusqu'au 17 juin 2001.

par Alain Jean-André

Ce printemps le musée d'Art et d'Histoire de Belfort présente les travaux de Bruce Clarke et d'Edith Convert. Dans les six salles se tisse entre les deux artistes une discrète connivence. Leurs oeuvres très différentes se côtoient sans difficulté.

Bruce Clarke associe collage de coupures de presse et peinture (huile, aquarelle), dans des compositions marquées par le rythme de l'actualité. L'évocation de l'Afrique domine (Rwanda, Afrique du Sud), mais l'inspiration récente s'élargit. Dans ses tableaux se mêlent visages et titres de quotidiens, présence de l'homme et mise en mots du monde présent. Son oeuvre moderne, engagée, témoigne d'une grande conscience d'un « monde en ébullition ».

Edith Convert, artiste autodidacte, utilise des objets usés par le temps qu'elle transforme en compositions nostalgiques. Entre ses mains, une vieille porte de bois devient le support d'une tapisserie métallique qui rappelle des motifs africains. Le plus fort, le plus énigmatique, ce sont les silhouettes élancées de ses « nomades » qui peuplent l'exposition : objets bruts, métal façonné, ils sont nés de la maîtrise du feu.

Deux sensibilités, deux différences s'accordent dans cette exposition qui réunit la force du réel au charme de l'imagination.


(Mis en ligne le 28 avril 2001)