Gronon, Macchi à Montbéliard

Philippe Gronon, Jorge Macchi,  Le 19, Centre Régional d'Art Contemporain, 19, avenue des Alliés, 25200 Montbéliard (tél : 03 81 94 61 51), jusqu'au 18 novembre 2001.

par Alain Jean-André

Deux artistes très différents sont réunis cet automne au 19, à Montbéliard. Philippe Gronon, photographe, qui expose également au théâtre Granit à Belfort et au Musée des Beaux-Arts de Lons le Saunier et Jorge Macchi, un jeune artiste argentin qui propose des travaux réalisés avec des techniques variées. On passe de la sobriété du noir et blanc à forte valeur symbolique à une atmosphère poétique très singulière.

Tout d'abord, les photographies de Philippe Gronon. Des photographies d'un tableau noir en noir et blanc (prises à la Sorbonne), on passe (toujours en noir et blanc) aux coffres du Vatican, aux moteurs d'Ariane, tout cela représenté à l'échelle 1. On regarde, un (presque) trompe l'oeil, on cherche à quoi correspondent les disques découpés, on se pose encore des questions devant les photos de meubles de typographes dont les rayons supportent des compositions (on apprend : les huit chapitres du Paradis perdu de Milton). Ici, on tourne autour du savoir, de la transmission des connaissances, de la propulsion d'un engin emblématique de notre époque. Mais les photos (récentes) de tas de fumier sèment le doute – à moins qu'il ne soit question, chaque fois, du temps.

Avec Jorge Macchi, on passe dans un autre univers. Non parce que l'artiste est argentin, mais à cause de sa volonté de bousculer des petits ordres de la vie quotidienne. Avec des découpes dans les journaux,  des photographies, il met en lumière ou accentue la dimension dramatique de notre quotidien. Une série de dessins d'une grande sobriété, comme « l'arbre-scie » propose des couplages visuels étonnants, d'une grande richesse suggestive. Et que dire de l'oeuvre d'Eric Satie, nocturne n°2, où les notes sont remplacées par des clous ? Au total, avec une grande variété de techniques, l'artiste construit des images et des objets qui troublent le sens commun, l'habitude. Il nous fait toucher un sens implicite ou  déploie des métaphores d'un dynamisme surprenant

Deux artistes très différents, pour une belle réussite.


© Chroniques de la luxiotte
(Mis en ligne le 5 octobre 2001)