Dessins de Charles Belle à Gray

Ipso Facto, dessins, Charles Belle, Musée Baron Martin, 70100 Gray (tél : 03 84 64 83 46), 18 octobre - 23 décembre 2002 (tous les jours, sauf le mardi, de 14h à 17 h).

par Alain Jean-André

On a vu cet été de grandes toiles de Charles Belle au Château de Montbéliard. On a put en voir une, très forte, à Pont-de-Roide. On se souvient de l'exposition de Sochaux en 2001. Et voici, au musée Baron Martin à Gray, des dessins et quelques toiles, un parcours qui s'esquisse, dans les deux salles d'exposition temporaire.

Le plus remarquable : la série des grands dessins de gauche, des traits noirs sur le papier, les feuilles allongées d'une plante indécise. Une variation, une recherche qui culmine, dans la seconde salle, au dessin de feuilles jaunes -- entre jaune d'or et ocre jaune -- sur un fond noir, autant dire la lumière du jour et l'obscurité de la nuit.

On aurait aimé, à partir des dessins de droite,un parcours qui conduise à une autre éclosion de couleurs : par exemple, à la suite des dessins de branches devant une masse grise - réminiscence orientale ?-; mais, avec les toiles de petits formats, on passe d'Ipso Facto (3 toiles) à Ex Nihilo (7 toiles). Doit-on comprendre, par le fait même, qu'on part de rien ? Qu'on a sous les yeux les étapes d'une recherche ? En somme, un parcours pédagogique.


P.S. Cette exposition est accompagnée par un livre d'artiste. A côté de reproductions de l'ensemble des oeuvres exposées de Charles Belle, Jacques Moulin a écrit des poèmes qui partent de la méthode du peintre : sons de mots qui se répètent et se déploient, jusqu'à devenir esquisse de narration, évocations, croissements du végétal et du charnel dans le corps du poème. Des échos, en heureuse résonance avec les dessins.

© Chroniques de la luxiotte.
(Mis en ligne le 31 octobre 2002



Bibliographie :

Ipso-Facto, Charles Belle, textes de Jacques Moulin, 60 pages, Le 19, Centre Régional d'Art Contemporain de Montbéliard et Néo Typo Editeur, 2002.


Liens :
       Voir des toiles de Charles Belle (Denise Cadé Gallery, New York)
       Lire la chronique sur l'exposition de Sochaux (2001)