Force et poésie de Fernand Léger

Fernand Léger, exposition d'été, Tour 46, rue de l'ancien théâtre,(dans la vieille ville) 90000 Belfort (tél : 03 84 54 25 51), jusqu'au 22 septembre 2002 .

par Alain Jean-André

Cet été, après les gravures de Picasso  en 2001 (Plus), le Musée d'Art et d'Histoire de Belfort s'ouvre à l'oeuvre de Fernand Léger, ce géant de la peinture du XXe siècle, qui, parti de la rigueur et de l'abstraction du cubisme (dans la continuité des leçons de Cézanne), affirma rapidement son propre langage. On lui doit un emploi dynamique de la couleur pure, débarrassée de sa fonction figurative, dans des compositions où figurent objets, vie populaire, aspects techniques. Ce que le visiteur perçoit bien dans cette exposition qui présente une quinzaine de toiles, une tapisserie de grand format, une quarantaine de dessins, une soixantaine de lithographie et de nombreux ouvrages illustrés.

Les toiles variées séduisent. Des natures mortes ou des intérieurs : Le poêle (1918), Le pot à tisane (1918) et La grappe de raisins (1929), huile sur toile où domine le jeu des couleurs, et une toile de plus grand format où l'on croit reconnaître un clin d'oeil à Kandinsky, Composition au parapluie (1932). Dans les grands formats, les Plongeurs polychromes (1942), toile toute en hauteur qui ravira les amateurs, la tapisserie Les Constructeurs (1965), d'après une toile de 1952, et Partie de campagne (1953), composition qui mêle rigueur du dessin, jeu des couleurs et sujet populaire.

Les dessins sont nombreux, parfois gouaches ou aquarelles gouachées en préparation d'une toile. Les lithographies introduisent à la série sur Le cirque (1950) ou à celle sur La ville (éditée après la mort de l'artiste). Novice comme amateur auront aussi le plaisir de découvrir des ouvrages illustrés : J'ai tué (1918) et La Fin du monde filmée par l'Ange Notre-Dame (1919) de Blaise Cendrars, l'ami de toujours ; Lunes en papier (1921) d'André Malraux, des textes de Tristan Tzara, Louis Aragon, André Frénaud, Paul Eluard et plusieurs revues : Der Sturm, Broom, etc. On a sous les yeux l'édition originale d'oeuvres devenues mythiques.

La présentation de l'art moderne, très sensible à Belfort depuis l'ouverture de la Donation Maurice Jardot, s'effectue à présent dans plusieurs lieux de la ville, à la grande satisfaction des amateurs. Nulle doute que cette exposition Fernand Léger à la Tour 46 amplifie un mouvement que l'on souhaite se prolonger pendant de longues années.

© Chroniques de la luxiotte.
(Mis en ligne le 29 juillet 2002)


Bibliographie :

Fonctions de la peinture, Fernand Léger, Editions Gonthier, 1965, Paris.

Mes voyages, Fernand Léger, Ecole des Loisirs, 1997.