Rentrée pirate au CRAC Alsace

Bienvenue / willkommen / welcome @ Altkirch, exposition au CRAC Alsace, 18 rue du château, 68130 Altkirch (tél : 333 89 088 259), jusqu'au 24 novembre 2002.

par Alain Jean-André

Leo Copers. Photo Alain Jean-André

Nouvelle directrice au Crac Alsace, Hilde Teerlinck ; nouvel élan avec une brochette d'artistes (15 au total), des médiums très divers (peinture, sculpture, vidéo, installation, etc) ; nouvelle façon de lancer la saison (dans une certaine continuité tout de même), avec un titre qui tinte comme un programme : Bienvenue / willkommen / welcome @ Altkirch. Altkirch, à la confluence de trois langues, dans le réseau (mondial) de l'art contemporain, et ouvert à tous.

Le drapeau noir (des pirates) a été hissé au-dessus de la porte d'entrée. Symbole corsaire, salut flamant de Leo Copers, passé de Gand à Altkirch. La performance de Yan Duyvendak, chorégraphie haletante et ironique, a mimé avec brio des images de Matrix. Le "brunch" à l'extérieur, dans la lumineuse clarté d'une belle journée d'automne, a donné à tout cela une ambiance bon enfant.

De retour dans les salles désertées, on peut regarder avec plus d'attention le travail présenté. Côté peinture, une salle avec les toiles sobres de Nils Nova,  une grande toile ronde qui rappelle une cible d'Ugo Rondinone, la fresque du couloir de Maya Roos. Aussi les photos ramenées de Chine par Gerald Van der Kaap, à mi-chemin du documentaire et de la fiction et l'installation de Josh Müller, qui associe une grande image grise (aéroport dans le brouillard) et une vidéo.

La vidéo occupe une grande part de cette exposition : Remy Markowitsch, avec sa performance Mister Herbert (le meilleur homme du monde) dans laquelle il développe un discours babelesque en smoking blanc ; Peter Friedl qui enquête sur des mythes sociaux dans un quartier de Johannesburg (le son, digne d'un blues, donne une ambiance particulière) ; ou encore l'Autoportrait contre nature de Michel François filmé au milieu d'éclatements de bouteilles.

Mais il faudrait aussi parler de Joachim Grommek, Thomas Galler, Josep-Maria Martin. On terminera avec deux artistes qui choisissent des « matières pas nobles» pour produire des oeuvres : Rainier Lericolais, avec ses dessins muraux à la colle de couleur,  petite fresque de femmes en sous-vêtements et une grande sculpture de carton, ou Carlo Mistiaen, des fleurs peintes avec de la mayonnaise, tâches de graisse qui révèlent la texture du papier et des enfants « indisciplinés » qui écrivent sur les murs. N'est-on pas dans une ex-école ? Avec pas mal de gens qui font l'école buissonnière.

© Chroniques de la luxiotte.
(Mis en ligne le 22 septembre 2002)