D’un monde l’autre
Double-messieurs et tiers inclus, Le 19, Centre Régional d'Art Contemporain, 25 200 Montbéliard (tél : 03 81 94 43 58),  jusqu'au 28 février 2003.

par Alain Jean-André

Double exposition au 19, en ce début d'année. Sur les murs du grand espace de l'ancien garage, Double-messieurs, œuvres récentes à quatre mains de Richard Fauguet et Daniel Schlier ; dans les plus petites salles, celle de l'entrée et celle du fond, des travaux de Rainier Lericolais.

Les amateurs l'ont constaté. On assiste à une discrète réutilisation des miroirs dans différents travaux d'artistes. Un bel exemple nous est donné par Richard Fauguet et Daniel Shlier ; leurs miroirs peints sous-verre manifestent une liberté qui ne va pas sans humour : clins d'œil à l'histoire de l'art, à la culture populaire, leurs oeuvres jouent avec des images venues de leur pratique et les reflets qui happent l'espace environnant. Devant ces miroirs peints, le spectateur se voit en train de regarder, irruption qui mêle le prévu et l'imprévu, qui apporte une part d'aléatoire, de brouillage, voire d'amusement (on aimerait savoir ce qu'en pensent les enfants).

Avec Rainier Lericolais, autre méthode. On est séduit par les dessins faits avec de la colle et de l'encre sur un mur blanc : ils allient légèreté, charme, et sans doute ironie. On se questionne devant la structure qui emplit toute une pièce (la charpente de quel navire ?), puis on s'amuse en constatant qu'elle est construite en carton. Il faudrait aussi dire un mot des images à l'huile et à l'eau. Dans tous les cas, l'artiste réalise des constructions fragiles, précaires ; il n'aime pas, dit-il, « ce qui est fixe, immuable » ; il fait détruire ses œuvres après les avoir exposés. En réponse à une question de Célia Charvet, il indique : « Je conçois la sculpture comme un morceau de musique. Un musicien peut jouer tous les soirs le même morceau (…) ; pourtant chaque eprésentation est différente

Dans cette exposition, mine de rien, on passe vite d'un monde à un autre. Un sourire aux lèvres.

© Chroniques de la luxiotte.
(Mis en ligne le 25 janvier 2003