Les nouvelles images

Barret, Brendel, Gindre, Lavenne, Marle, Mougin, Galerie de la Prédelle, 96 Rue de Belfort - 25000 BESANCON (tél :  03.81.50.15.57), du 4 novembre au 22 novembre 2004.

par Patrice Llaona

Avec six artistes (peintres, photographes, sculpteurs), il est difficile de tirer son appareil-photo, son ciseau, son pinceau du jeu. Ce jeu-là en vaut la chandelle. Nous en traiterons par ordre alphabétique. On pourrait intituler cette exposition : Les Nouvelles Images (On en trouve encore, et plus qu'on croit, malgré la « confusion conceptuelle »).

Il y a ici tout ce qu'il nous faut : de l'allégresse, de l'humour, de la légèreté, en même temps qu'une certaine gravité, mais certainement pas au sens de compassé, mais de dignité, de majesté : quelque chose qui nous oriente et qui nous enracine encore plus sur cette terre et dans cette vie.

Il y a le très beau travail de Pascale Barret, sculpture sur feutre et petits formats de photographies couleurs de corps qui lévitent sur les songes qui s'ancrent. Il y a une profondeur d'espace et de couleurs où les corps recourbés reprennent une vie miraculeuse.

Il y a le splendide travail de Alain Brendel, tout de composition et de recomposition, d'espaces inédits, comme une recorporation (et c'est dans un double sens, car il s'agit ici de nus « bougés » féminins en noir et blanc) de l'espace, des profondeurs comment dire ? vertigineuses et proches en même temps.

Il y a les animaux loufoques et malicieux (ça tient beaucoup à la forme et aux couleurs) de Michel Gindre, des sortes de vaches cosmonautes, des drôles d'oiseaux, des qui-nous-font la nique gentiment, qui, si on ose dire, élèvent le débat.

Il y a les sculptures impertinentes (mais il faut y regarder de près) de Georges Lavenne, des qui-se-haussent du col (mais au bon sens du terme), et cette façon de fouetter doucement l'espace, ces petits bijoux qui se sertissent comme sur des mains aériennes.

Il y a les femmes-fleurs de Philippe Marle, de drôles de créatures, tout en courbes, tout en clair secret, en roses « qui ne sont le sommeil de personne », comme dirait Rilke, ne s'agit-il pas de la « Fée clochette » (adorable, non ?), de « Vénus de pépinière », et il est certain que le peintre nous fait ici une fleur.

Nous finirons avec Jean-Luc Mougin et ses petites sculptures savantes (nulle péjoration dans ce mot) de femmes épanouies, de chutes rigolottes cul par dessus tête, et ça parle comme Rabelais, on rêve à des étreintes patinées comme ce bronze du même nom, on rêve à ces « mamans» très « culottées », et c'est un pur bonheur.

Les oeuvres se répondent subtilement, nouent un dialogue caché et évident, inventent une musique, un concerto intime tout dévoué à l'espace, à la couleur, à la pure lumière, à la chair non-moins pure. Un régal.

© Chroniques de la Luxiotte
(Mis en ligne le 5 novembre 2004)