Sous le signe des objets

Le système des objets, le 19, Centre Régional d’Art Contemporain, 19 avenue des Alliés 25200 Montbéliard (tél: 03 81 94 43 58) du 3 Juillet au 26 septembre 2004.

par Alain Jean-André

Une exposition sous le signe des objets, dans les salles du 19, à Montbéliard. En fait, quatre manières de construire des mondes, de susciter la présence ou l'absence. Si les travaux de Gérard Fabre, Sylvie Fajfrowska, Suzanne Hetzel et Klaus Stöber présentent des points communs, on remarque surtout leurs différences.

Gérard Fabre construit des formes molles aux couleurs criardes (des roses, des verts pistache). D'une exposition à l'autre, ses sculptures, posées au sol, fixées au mur, utilisent le même vocabulaire de formes. Elles ne sont pas disposées au hasard, mais construisent un espace. On sent même une volonté de le manipuler, ce qui donne un univers à la fois ludique et formel. 

Sylvie Fajfrowska, elle, propose des toiles sans perspective ; chaque fois, un jeu de formes et de couleurs sobres. On reconnaît des objets, des espaces plutôt liés à la présence humaine ; chaque toile est sans titre, les objets sans le corps. D'où l'impression de vide, ou plutôt de creux, mêlée à l'évocation de l'intime. Le sac à main, l'habit, le lit suggèrent la femme, le travailleur, le couple, etc. que l'on ne voit pas.

Les photographies de Suzanne Hetzel sont d'une autre tonalité. Avec cette artiste, on entre dans des intérieurs. «Vue intérieure, explique-t-elle, est un titre qui couvre fréquemment mes images en exposition.» Mais, ces photos d'intérieurs portent des signes de l'extérieur : des objets, des images, des reflets fournissent  des éléments  qui esquissent presque une histoire. Cela vient sans doute de l'atmosphère produite par le choix des objets, autrement dit du cadrage.

Klaus Stöber, lui aussi, est uniquement représenté par des photographies. Ses images d'ateliers montrent toutes sortes de pièces, d'objets, d'outils entassés, dans des boites, des seaux, sur des rayons. Ensembles hétéroclites, baroques, qui n'ont pas été composés par l'artiste, mais sont donnés tels quels. Présences brutes de mondes terreux, poussiéreux, porteurs d'une histoire qui s'est éteinte. Pour parvenir à ce résultat, on sent aussi un travail avec le cadrage, la lumière, pour obtenir des images qui équilibrent un fatras.

© Chroniques de la Luxiotte
(Mis en ligne le 13 août 2004)


Liens :
     Voir des photos de Suzanne Hetzel