Une dynamique renouvelée

par Alain Jean-André

Dans son atelier, Michel Nadal donne à voir les travaux qu’il a présentés en octobre 2007 à La Biennale des Arts plastiques à Besançon, et d’autres encore inédits. Cette exposition met encore plus face à face des oeuvres des années 70 et des compositions récentes. Les trois décennies qui séparent les deux périodes de création auraient pu révéler de grandes variations ; or, avec le souci de la composition, le travail de matériaux bruts - d’abord le papier -, apparaît plutôt une permanence, même si une donnée nouvelle se confirme : l’utilisation, sous des formes différentes, de plastiques transparents.

Michel Nadal : Photo Alain jean-André

Ses « collectors », des panneaux de plastique transparent, sans doute destinés à présenter des cartes postales, servent de support à des compositions qui ne sont pas fixes. Dans des pochettes, Michel Nadal glisse des fragments pêle-mêle (invitations pliées, cartons à dessins déchirés, etc). Mais ce désordre est aussi trompeur que le mode de présentation. En fait, chaque fois, son travail comporte des allusions autobiographiques. (Plus) Et, dans la présente exposition, un nouveau « collector » se compose de pochettes remplies de négatifs photographiques. L’artiste joue avec les transparences, les couleurs, les épaisseurs ; il présente aussi d’une manière plastique la fin de l’ère de la photo argentique. Du coup, son petit recyclage rejoint la grande Histoire.

Du papier au plastique

Dans ses travaux des dernières années, Michel Nadal poursuit avec insistance l’intégration de plastiques transparents à ses compositions. Aux différents papiers, cartons, images découpées dans des magazines, il ajoute ce matériau banal et rebelle qui produit des reflets, qui brouille une vision nette, surtout quand on se déplace devant l’œuvre. Cet élément nouveau fait entrer l’aléatoire dans ce qui est fixe. Une composition comme TGV dans le paysage, qui utilise les effets visuels du gaufrage d’un plastique à bulle, travaille avec la transparence et les ombres douces, conjuguant force et légèreté.

En regardant les compositions, on rêve d’un inventaire qui insisterait sur la place exceptionnelle que Michel Nadal donne à des œuvres de papier. Il en a utilisé de grandes variétés, il a joué avec les possibilités offertes par ce matériau fragile et éphémère. Aujourd’hui il va plus loin : il réussit un mariage élégant du papier et du plastique. Seule une rétrospective complète d’une activité qui s’étend sur des décennies pourrait rendre visible une dynamique remarquable qui a su se renouveler.

© Chroniques de la Luxiotte
(Mis en ligne le 28 janvier 2008)


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