Combas va encore plus loin

Robert Combas. Le frimeur flamboyant, Maison européenne de la photographie, 5-7 rue de Fourcy, Paris-4e (tél: 01 44 78 75 00), jusqu'au 5 avril 2009.

par Alain Jean-André

On connaît les grandes toiles de Robert Combas inspirées par la culture rock, la bandes dessinées, la culture populaire. À sa manière, il s'oppose à des pratiques qui donnent une part (trop) belle à l'art conceptuel. Robert Combas peint des toiles, produit des tableaux ; il s'inscrit – au moins en apparence – dans la grande tradition de la peinture. En même temps, la présente exposition révèle une succession d'opérations qui ne cessent de transformer, de chambouler les images (le motif de base disparaît) ; dans cette manière de faire, la photographie joue un rôle important et conduit à des résultats remarquables.

L'exposition actuelle à la Maison européenne de la photographie révèle une nouvelle étape de ce qu'il nomme des « pratiques satellites ». Elles ont commencé il y a un peu plus de dix ans. Il y eut la série des MarylinCombas (à partir des Marylin de Warhol), la série des Tatouages académiques (à partir d'esquisses d'étudiants en école des beaux-arts), aussi des photos repeintes (comme ce fut le cas avec des clichés d'archives du conflit de la guerre 1914-18 à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne). Cette fois, il s'agit d'un hommage aux Flamn' Groovies, un groupe rock qui reprenait à sa façon des standars des Rolling Stones et des Beatles.

On saisit vite la méthode : Robert Combas reprend, réinterprète, redessine, photographie. Il retouche avec des feutres acryliques, procède à des agrandissements photographiques. Et il ne s'arrête pas là : il se fait photographier devant une image, et il intervient de nouveau. Cette série d'autoportraits le transforme en bouffon, en fou, en sauvage. Elle multiplie et répète les figures mythiques de l'artiste, avec une grande liberté, une ironie certaine. Elle mélange beaucoup, l'amusant, le sauvage, le poétique, le baroque. Dans « pratiques satellites », l'activité plastique se donne une liberté grande.

© Chroniques de la Luxiotte
(Mis en ligne le 5 mars 2009)


Liens :
       Visiter le site de Robert Combas
       Maison européenne de la photographie