Rencontres aléatoires

Céleste Boursier-Mougenot, Videodrones, Musée national Marc Chagall, Avenue du Docteur Ménard - 06000 Nice, 7 novembre 2009 - 8 février 2010.

Alain Jean-André

On se souvient des piscines bleues avec des porcelaines tintinnabulantes. On se souvient des vidéodrones dans lesquels le passage des voitures, à l'extérieur, provoquait, à l'intérieur, une cacophonie. On se souvient (en particulier à Nantes) des pinsons qui faisaient des notes en se posant sur les cordes de guitares électriques.

Cette fois, des centaines de poissons circulent dans le bassin et produisent, à leur passage devant des caméras qui captent leur image projetée sur écrans, une composition sonore aléatoire. Toujours l'hybridation des genres, le rapport entre nature et montage technologique, qui conduit à une poésie défiant l'imagination. Peut-être peut-on dire : un certain charme, une certaine magie (sans gonfler ce dernier mot).

Céleste Boursier-Mougenot réalise mieux que le mariage de la carpe et du lapin : il provoque, avec des dispositifs complexes, des rencontres aléatoires ; il mêle des médias, des objets courants, des pratiques. Dans le fond, il procède toujours de la même manière. Il touche d'abord l'oreille par des sons qui intriguent, qui attirent sur des objets ou des dispositfs qui les produisent. L'artiste construit des oeuvres autant révélations que brouillages. L'expérimental devient spectacle. Céleste Boursier-Mougenot sait jouer, d'une manière très habile et avec une grande constance, avec notre perception.

© Chroniques de la Luxiotte
(8 janvier 2010)



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