Centre Pompidou-Metz : le succès

par Alain Jean-André

Le Centre Pompidou-Metz a ouvert avec une grosse campagne de marketing qui a attiré beaucoup de monde lors de son inauguration en mai, d’autant plus que les premiers jours l’entrée était gratuite. Une méthode nécesssaire aujourd’hui pour attirer les foules et activiver le tourisme culturel, d’autant plus que le nouveau centre a de grandes ambitions. Fin août, avec plus de 300 000 visiteurs, le Centre Pompidou-Metz a largement dépassé les attentes : il a atteint en trois mois l’objectif annuel de fréquentation prévu. L’exposition d’ouverture Chefs d’œuvre ? est donc un succès. Un succès qui se prolonge jusqu’au 25 octobre 2010.

Pompidou-Metz Centre Pompidou-Metz, jour de l'ouverture 

Le bâtiment est original. Son image a largement circulé dans les médias. On en fait même la nouvelle cathédrale de Metz. Analogie significative. Hier la religion au centre de l’activité d’une ville, aujourd’hui l’art, et à Metz l’art moderne.

En venant de la gare, le visiteur comprend tout de suite que le Centre Pompidou-Metz se souvient de celui de Paris. On connaît le succès du parvis de Beaubourg, située devant de bâtiment de Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini, véritable lieu d’animation de la capitale. A Metz, le parvis est plus long que large, il permet une vision en surplomb de l’édifice, bien qu’on ne retrouve pas l’impression ressentie à Paris. Dans la capitale, l’espace est fermé par les façades des immeubles, avec accès avec des voies piétonnes. A Metz, la circulation automobile de deux rues, l’arrière terne de la gare SNCF, la friche masquée par une haute palissade donnent l’impression d’un aménagement inachevé.

Mais l’intérieur est agréable. Monumental, lumineux, aérien au premier niveau, on accède aux trois galeries comme on passe de l’étage à un autre d’un immeuble. L’orientation des galeries se révèle en arrivant à ses extrémités ouvertes sur la ville. La vue la plus spectaculaire est celle du niveau trois orienté en direction de la cathédrale Saint-Etienne.

L’exposition Chefs d’œuvre ? présente près de huit cents œuvres réparties dans les espaces d’exposition (plus de 5000 m²). Elle comprend quatre séquences qui corespondent aux quatre niveaux : Chefs d’œuvre dans l’histoire (en bas) retrace l’évolution de la notion de chef-d’œuvre au fil des siècles ; Histoires de chefs-d’œuvre (Galerie 1) visite quelques aspects des mouvements du XXe siècle ; Rêves de chefs-d’œuvre (Galerie 2) met en parallèle contenants – les musées –, et contenus – les œuvres ; Chefs-d’œuvre à l’infini (Galerie 3), questionne la notion de chef-d’œuvre au XXe siècle, à l’ère de la reproductibilité des images. Une exposition à la fois dense, variée, didactique qui permet de voir des œuvres remarquables. Une exposition touffue et séduisante où chacun peut construire son parcours.

© Chroniques de la Luxiotte
(Mis en ligne le 23 septembre 2010)












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