L'art aux Halles

Art en mai, Les Halles, Pont-de-Roide - Vermondans, 26 avril – 18 mai 2014.

par Alain Jean-André

Sous les voûtes du bâtiment des Halles, construit en 1857, élégamment restauré, huit artistes contemporains aux démarches très différentes sont réunis pour cette 19e exposition de l'Art en mai : quatre peintres, un photographe, deux sculpteurs et une plasticienne qui travaille sur métal. La variété des travaux présentés donne quelques aperçus de l'art d'aujourd'hui, qu'elle s'inscrive dans une continuité ou qu'elle s'oriente vers des voies plus nouvelles.

Marie Schnebelen parvient à une certaine féerie avec des toiles colorées de rues sous la pluie à la tombée de la nuit. Dans des scènes urbaines, entre l'humide de la pluie et la chaleur des couleurs, les teintes fauves de la palette l'emportent. Ses toiles, à la fois fraîches et gaies, s'opposent à l'ambiance mystérieuse des compositions de Clara Cavignaux. Ses pastels secs, où le dessin précis parfois se fond dans une ombre ou s'estompe avec une surexposition, esquissent des situations ou des états d'âme d'une grande intensité. Derrière les scènes brouillées par des superpositions et des transparences, on sent des tensions qui esquissent une narration.

La force expressive des autoportraits et portraits de Gérard Mainier retient l'attention. On peut être plus sensible à ces toiles qu'à celle des paysages présentés. Mais ses cinq tableaux permettent de sentir le souffle d'un peintre qui s'est remis dans les pas de Courbet. Frédéric Cresson, lui, s'inscrit dans une démarche d'art contemporain avec sa sculpture éphémère, installation légère et ironique. Quant à Jean Daubas, il conduit la photographie sur des voies plastiques et poétiques d'une grande finesse. La modestie de ses petits formats est transcendé par la clarté de sa démarche.

Côté sculpteurs, on retient la différence des compositions de Daniel Nicod : colonnes de bois brut qui supportent une petite maison, formes de bois très lisse sur le sol, composition d'acier et bois. Des dimensions qui n'ont rien à voir avec les montages de Guillaume Martin : il est présent avec des petites pièces, principalement des silhouettes, qui allient différentes matières. Enfin, Myriam Martel, plasticienne qui travaille avec des plaques d'acier, utilisant, contrôlant la formation et le développement de la rouille, joue avec l'aléatoire pour obtenir des effets plastiques.

Nul doute que le visiteur attentif découvrira d'autres aspects, tant il est vrai que le dernier intervenant, dans une œuvre d'art, c'est le spectateur. Dans cette salle des Halles, il a de quoi être séduit, devant les travaux variés d'artistes d'aujourd'hui.

© Chroniques de la Luxiotte
(7 mai 2014)




Voir la présentation de l'exposition.
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