L'éphémère
dans l'art contemporain

On vit encore avec le lieu commun de l'oeuvre d'art qui dure des siècles, voire des millénaires. La statue d'Aphrodite, la Joconde, Guernica, des dizaines de milliers d'oeuvres ont défié le temps. Elles prolifèrent dans les musées, s'entassent dans leurs réserves, et semblent destinées à durer pour l'éternité. Mais aujourd'hui des artistes créent des oeuvres éphémères, qui disparaissent pendant ou après une exposition. Ils remettent en cause l'objet d'art, ils déplacent les limites de l'art.

D'un autre côté, des oeuvres surprennent par leur fragilité (collages qui ne tiennent pas, dessins au feutre qui s'effacent à la lumière, négatifs qui s'altèrent – sans parler des photographies, des films, des oeuvres numériques). Aux dégradations de la matière, qui nous rappellent une séquence de Fellini-Roma, s'ajoutent les intentions d'artistes qui prévoient, souvent à cours terme, la disparition de leurs travaux. Pour d'autres, l'oeuvre d'art ne subsistent plus qu'à l'état de traces fugitives, qui disparaissent très vite, hybride de l'objet d'art et du spectacle, fantôme de son instigateur (compositions in situ, graffitis, performances, etc).


Il nous a paru intéressant de présenter dans ce dossier les paradoxes d'une situation à partir de quelques exemples précis. Ces pages ne constituent, on s'en doute bien, qu'un point de départ, semblables à de rapides croquis ou notes sur un carnet...

A partir d'expositions d'Eric Snell, de Rainier Lericolais et de Daniel Canogar, on voit apparaître un aspect complexe du changement de statut de l'oeuvres d'art à notre époque.

C'est aussi le cas, plus récemment, avec les travaux de Patrick Neu et de Jean-Christophe Norman, présenté au Frac Lorraine, à Metz, début 2008.

La reprise de fragments d'une étude essaie de fixer (à titre provisoire), à partir des travaux des trois premiers artistes cités) quelques repères. D'autres visites d'expositions et des textes de réflexions viendront enrichir ce dossier.




Mis à jour : 17 mars 2009