Poèmes de la vie pérégrinante

Aux laisses du temps / An den Grenzen der Zeit,Jean-Louis Bernard, édition bilingue (poèmes traduits en allemand par Rüdiger Fischer) Editions En Forêt / Verlag Im Wald.

lecture par Alain Jean-André

Voici un recueil où les poèmes essaient de dire au plus juste de l'instant : «...être dans cet instant / la page et l'écriture », écrit l'auteur. Des textes liés au corps, à l'insomnie, à la rêverie qui déploient les mots de la matière, de l'imagination matérielle, aurait dit Bachelard. Jean-Louis Bernard indique même un mode de rêverie qui rappelle, justement, les pierres de rêve orientales :
et souviens-toi
qu'il suffit d'un caillou
pour ériger l'imaginaire
sur la stèle de ton nom
Dans ce livre, les images de la terre, des brumes, de l'arbre veulent habiller le vertige / d'une exigence pure», rappeler «...les maisons d'enfance / (qui) se faisaient cathédrales » ou encore «...mieux apprivoiser / la vie pérégrinante. » Celui qui parle ici chemine, flotte entre des mondes ; mais il veut aussi construire, échapper à l'entropie.
un jour peut-être
si les mots accoudés à l'écume d'automne
arasent pour nous les plis du monde
nous pourrons
découplés dans le silence
accueillir la parole
que nos songes concèdent au jour

Dans ce recueil bilingue – poèmes français traduits par Rüdiger Fischer –, les images font échos dans la langue allemande. Passage réussi d'un idiome à l'autre ; force de l'imaginaire et du poétique qui trouve un lieu dans une langue et dans une autre.

© Chroniques de la Luxiotte
(Mis en ligne le 30 novembre 2003)


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