Dossier : le livre numérique

Témoignages

« S'agissant du livre numérique, ma position n'a rien d'extrémiste, ni dans un sens ni dans l'autre.

En tant qu'auteur, je suis content d'avoir eu ces textes publiés sur Feedbooks et me réjouis de voir le nombre important de téléchargements (qui ne s'explique pas seulement par la gratuité).

En tant que lecteur, j'ai pu lire facilement des livres soit introuvables en papier, soit que j'avais la flemme d'acheter. J'ai lu ainsi L'écornifleur de Jules Renard, Monsieur Ouine de Bernanos, Locus Solus de Roussel... j'ai apprécié notamment la faculté d'agrandir les caractères (avec l'âge, j'ai du mal à lire les caractères petits, dur de lire par exemple Le bruit et la fureur, de Faulkner, dans l'édition poche.)

Mais on se lasse d'avoir toujours le même support (liseuse), et il faut de temps à autre recharger la batterie, ce qui prend plusieurs heures.

Paradoxalement, la liseuse Sony Reader, que j'apprécie en voyage, dans le train, etc., m'a redonné le goût du livre papier et je reviens au livre papier. Au fond, tous les médias qui se sont créés depuis plus d'un siècle n'ont jamais supprimé les anciens mais se sont accumulés et juxtaposés (après le livre, le théâtre, il y a eu la radio, le ciné, la télé, l'Internet, et tout a subsisté). Pareillement, le livre papier va continuer tandis que la lecture numérique se développera, l'un et l'autre correspondant à des pratiques ou des moments de lecture différents... Voilà pourquoi j'ai créé une maison d'édition traditionnelle sans état d'âme. »

Jean-Jacques Nuël, écrivain, éditeur
(1 janvier 2010)



« Il arrive parfois que je sois amenée à lire sur mon ordinateur des romans tombés dans le domaine public que je ne trouve pas à la Bibliothèque Municipale ni dans les librairies de proximité.

Le plus souvent ce sont des ouvrages en rapport avec un auteur ou un thème que j’aborde lors des réunions du Café littéraire que j’anime. Ce qui est commode avec ces fichiers électroniques de livres c’est leur partage possible avec les personnes qui fréquentent l’activité et possèdent Internet. Pas de contrainte de temps de lecture plus ou moins long de l’une ou l’autre avant de faire « tourner » l’unique exemplaire papier de l’ouvrage, ni de déplacement pour échanger l’objet, puisqu’on peut « balancer » son fichier, depuis chez soi en pièce jointe par courriel.

Des livres lus de cette manière ? Pour le thème de la littérature russe : Premier amour de Tourgueniev et le premier tome d’Anna Karénine de Tolstoï (je ne disposais que du second tome en version papier). Sur le thème des cures et des stations thermales: Mont-Oriol de Guy de Maupassant. Sur celui de la neige: Le géant Yéous de George Sand. Pour la rencontre sur Alphonse Allais: À se tordre, Vive la vie et plusieurs autres de ses ouvrages. Pour celle sur les romancières anglaises: Persuasion et Catherine Morland de Jane Austen. Sur Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres, étonnamment déjà dans le domaine public et disponible à la Bibliothèque électronique du Québec (Beq).

C’est en effet à la « Beq » de Jean-Yves Dupuis que je les trouve le plus souvent, et c’est gratuit. J’aime la présentation aérée de ses pages et le style de caractères, très lisibles, qu’il emploie. Chez Wikipédia aussi il est possible de trouver des ouvrages tombés dans le domaine public.

Les livres électroniques représentent un gain de place par rapport aux livres sur les étagères. Mais le mode de lecture me semble différent. Le regard ne peut se promener de la même façon au hasard des pauses de travail ou sur les dos variés et colorés des livres d'une bibliothèque. Et il est nécessaire d’allumer l’appareil non seulement pour lire, mais aussi pour savoir de quel titre on dispose… Une question d’habitude sans doute.»

Marie-Françoise Godey, Café littéraire luxovien
(13 janvier 2010)

Chroniques de la luxiotte












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