Un récit bref mais dense

Le Comte, Joseph Conrad, traduction et postface de Stéphane Gounel, Andersen éditions, 66 pages, 7,95 euros.

par Alain Jean-André

Joseph Conrad a construit une œuvre littéraire puissante à la charnière du XIXe et du XXe siècle. Il connut un tardif succès commercial, avec Chance (1913), son onzième livre, ce dont il fut toujours étonné, lui qui voulait toucher le grand public. Pourtant, il a écrit des chefs d'oeuvre de la littérature en langue anglaise du XXe siècle, comme Le Nègre du Narcisse, Au Coeur des ténèbres, Lord Jim, ou Sous les Yeux de l'Occident.

Né Teodor Jozef Konrad Korzeniowski à Berdytchiv, en 1857, dans un territoire de l'Empire russe aujourd'hui en Ukraine, il était issu d'une famille de la noblesse polonaise. Orphelin à l'âge de onze ans, il fut confié à son oncle maternel, qui résidait à Cracovie, et partit à Marseille en 1874, attiré par la carrière maritime. Sa vie de marin dura 20 ans. Ensuite il se consacra à la littérature, résidant en de multiples lieux, en Angleterre, en Bretagne, à Montpellier, à Genève, etc.

Le récit Le Comte reprend ce thème du déplacement et de l'exil. À Naples, Joseph Conrad fait la connaissance d'un aristocrate polonais qui l'intrigue. C'est un élégant et fortuné sexagénaire qui ne révèle pas son vrai nom, et hante l'hôtel où il est descendu, après une vie de voyages. Un soir qu'il flâne dans l'air doux des jardins de la Villa Nationale, où il est venu écouter un concert en plein air, il rencontre un jeune Napolitain aux yeux pâles et au curieux comportement. Survient un événement qui le stupéfie.

Ce récit, bref mais dense, présente une situation tragique, née de la rencontre entre deux mondes.

© Chroniques de la Luxiotte
(21 janvier 2015)