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Keith Barnes : Parce que c'est amer

" Parce que c'est amer 
Et parce que c'est mon cœur " 
- Stephen Crane

La cloche sonnait en carillon le soleil faisait trembler la surface du champ de blé
Nous marchions le long d'avenues couvertes de mirages
Poussière sur nos sandales brise légère caressant
le reflet de la terre brume de chaleur
mouvance du jeu de la lumière entre les feuilles
contrebasse au crissement strident du chant de la cigale
Toi et ta robe de coton rayée un bonbon rose et blanc
tu te confondais dans l'ombre avec le foin
je mordais tes cheveux de miel et d'abricot
Nous nous sommes disputés sous le soleil d'un bout à l'autre de l'Espagne
aux prises avec ce désir tenace que j'avais de nous tuer
tous deux J'avais tellement peur de moi-même J'inventais
des comparaisons dont je n'étais jamais vainqueur Je ne te lâchais pas
Un jour tu jetas à la mer la bague que je t'avais donnée
J'enfonçai ma tête dans le sable J'arrêtai de faire de l'auto-stop
Je m'étais allongé aussi près que possible de la route les camions pouvaient 
me passer dessus tout m'était égal j'avais fini par m'endormir profondément
Quand je me réveillai tu étais encore là ton doux sourire
veillant sur moi ta beauté vibrante rouvrant une blessure
inguérissable et qui avec le temps se creusait davantage
jusqu'à ce que chaque instant se transforme en douleur
Je savais ma tristesse liée au désir de ta perte
et que ma jalousie la scellerait à jamais
Et dans ce champ comme je me suis emporté
Mon regard si intense qu'il me semblait alors que de petits insectes
voletaient autour de ton visage sérieux comme un enfant
Visionnaires mes mots s'y enfonçaient en ridaient les traits blanchis par l'émotion
J'étais tellement jaloux et je criais si fort
que ton regard tout clair devint noir de colère
- j'aurais voulu mourir là-même dans le chaume
m'allonger et sécher dans la terre comme un parchemin mort
Et après cette colère je me suis éloigné j'ai enfin renoncé
je t'ai cueilli des fleurs je te les ai données
Et nous avons pleuré

(traduction : Jacqueline Starer)
Extrait du recueil : Pas encore pendu (Ain't Hung Yet)

[le poème suivant]

Lire la version originale en anglais du poème sur le site Keith Barnes

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