Olivier Hobé : Une douzaine d'eux (extraits) (1)


4.VIII.11, Labeaume

« On a vécu dans la même mère » dixit Mamma, posant seulement deux pieds hors du lit, avant la migraine et la cruralgie qui allait l'aliter deux heures durant.

Discussion joyeuse avec Azzedine, hier soir, autour des politiques qui font semblant de laisser les usines françaises ouvertes, malgré l'évidence d'un retard productif qui ne supporte pas la comparaison avec nos chers teutons, ni celle d'avec un petit blanc Ardéchois gorgé du sucre d'ici.

La fille d'Isabelle -- super-intendante --, et d'Azzedine (redoutable et redouté négociateur avec ces Anglais qui ne construisent apparemment plus de machines outils), Ariane donc, n'entend pas comme nous. Je dis ça, « comme nous », parce que je viens de me proposer un titre à ce fouillis : « Une douzaine d'eux ». En réalité, c'est un charme cette Ariane, il y a plein de sons autour d'elle, autant de sens aussi, je lui ai dit que moi aussi je n'entendais pas grand chose au monde actuel : ça l'a fait sourire, et deux petites cymbales, dans ses yeux, me rappelaient la force et la tranquille assurance d'un Wagner. Cette petite a de l'avenir, c'est certain, ça crève les yeux.

Bon, de là à considérer que les fritz ont gagné la guerre économique, il n'y a qu'un pas qui doit me mener dans la piscine qui n'attend que moi.

Chienne de vie, mais c'est si inespéré d'être en vie, il faut « la » vouloir, il faut remuer la queue et dire bonsoir.

Plouf !


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