Khal Torabully : Hommage à Césaire (1)


Aïeux nègres koulis cannes de Basse-Pointe.
Fertile Salutation, l’ombre nage en corps de fantômes.
Temps, le temps c’est ta flamme des mots sobres,
Un doigt, et vent surpris, la rosée suite
En poèmes de l’ami Aimé.
Souvent océans sueur des cannes fertiles,
sabres bafouant transparence de l’île,
l’attachage des rayons frêles
au seul vent du large plantationnaire
Aié Aimé


Toi point cardinal providence basanée
crachats en larmes
fragiles pétales de safran
la terre se défend
de la proximité des lombrics
Mais tu fus os de colonnes ployées

Le bateau de ma honte dans ton caniveau
L’ombre chante l’air du matelot
Indifférent sous le dalo
Des sabres brandis
En macération de cicatrices et de cymbales


Ton cahier blême
Blâme l’abyssin au coeur d’airain
Opaque ta main résiste
À la coupe des pays de triples peuples
Ecorchés par la peau jurée fouettée
Aié Aimé
La horde des salives bleues
Après l’eau noire
Le vomi nectar des violés
Distillation univoque des essences
Que la négritude répandit en Caraïbes
......

© Khal Torabully, 2008
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