Khal Torabully : Hommage à Césaire (2)

......

Mais le fil enraye le littoral de la route de la soie
La bave dit le vol de la chair par la main lourde
Atome étonné
Cassonade de sucre noir et rouge
Aimé revit rouge ce nègre émancipé

Marron cette sueur jusqu’à la lie
Les trottoirs de Fort-de-France
Rasent les murs dodus
Virevoltent sur les eaux faisandées des bas-fonds.

Une cohorte se confond avec la lèpre
Les frelons se gavent de sucres pestilentiels.

C’est pourquoi la pluie tonne, repliée sur elle-même.
Honni soit qui mal y pense
Aimé dis le crachat fier du mourant
Aimé rendit
Loques loquaces
Coqs cocasses

Depuis
La gangrène s’égrène
A la bouche des sources ravalées en salive.


Tu vois ma rage
Devenue esprit de tristesse ?
L’Histoire est un piment qu’exacerbe l’oubli.

Césaire, la poésie te salue
chorale du troisième œil
réchappée par la mort.
Tu sus retourner les yeux des suppliants
sur la prose des suppliciés.



© Khal Torabully, 2008
Port-Louis,19/04/08


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